Quand on me demandait, enfant, ce que je voulais faire “quand je serais grande”, je répondais invariablement : “peintre comme maman …” Et j’aurais pu dire aussi, quelques années plus tard “comme mon frère “, Alain Lebret .

Finalement, un bac scientifique et l’amour de l’Art m’ont conduite à la profession de restauratrice de tableaux que j’exerce depuis une trentaine d’années. Mais le désir et même le besoin de peindre ont grandi.

Parallèlement à mon métier, j’ai travaillé dans des ateliers de peintres toulousains : chez Bernard Peltriaux, Martine Costes et Diane Garcès de Marcilla .

J’aime peindre le vivant, le velours d’un pelage, le modelé d’un corps, le regard … et ce, en utilisant principalement la peinture à l’huile sur toile de lin.

J’espère que vous aurez autant de plaisir à regarder mes tableaux que moi à les créer : Ce sera alors du bonheur partagé …

Sur la série des nus bleus …

A l’approche de chacune de ces œuvres, la question est : Que nous est-il donné à voir ?

Est-ce un voile bleu recouvrant la nudité avec pudeur, ou, tout à l’inverse, une révélation… ?

En premier lieu, il y a là le choix d’une couleur ; pas n’importe laquelle : le bleu.

Paradoxalement, les nus se dévoilent quand le bleu nous invite à l’introspection.

Les corps, sublimes, deviennent alors le préalable d’un cheminement plus intérieur.

Il nous est donné de voir une mise en lumière, tendre et magnifique, qui révèle à la fois la beauté des corps, et la fragilité, comme la force, de leur présence au monde.

Notre regard s’arrête sur ces parts d’être, morcelés ou complet, que nous pensons ainsi figés.

Puis, délicatement, la magie opère ; nous percevons presque leur mouvement, leur souffle, leurs battements de cœur.

Nous transposons patiemment jusqu’à voir plus loin en eux, et donc, en nous….

Jusqu’à ressentir ce que chaque nu appelle d’émotions et d’état contemplatif.

A travers ses peintures, Isabelle Lebret nous invite au voyage de notre propre nudité, dans ce qu’elle a de symbolique, une force vitale et sensible.

Moïra   mars 2019